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Et si ce qui nous freine n'était pas la réalité, mais la manière dont nous la regardons ?

  • 14 juil.
  • 5 min de lecture

Il nous est tous arrivé de vivre une situation qui semblait, sur le moment, insurmontable.


  • Une parole qui nous blesse.

  • Un projet qui échoue.

  • Une porte qui se ferme.

  • Un changement que nous n'avions pas choisi.


À cet instant, notre perception paraît souvent évidente : ce qui arrive est injuste, inquiétant, décourageant ou impossible à dépasser.

Pourtant, il arrive qu'avec le temps, cette même expérience prenne une tout autre signification.

Ce qui ressemblait à un échec devient parfois un apprentissage. Ce qui semblait être une impasse ouvre un chemin inattendu. Ce que nous avions d'abord vécu comme une perte nous conduit, quelques mois ou quelques années plus tard, vers quelque chose que nous n'aurions jamais envisagé autrement.

Alors, qu'est-ce qui a réellement changé ?

Les faits eux-mêmes ?

Ou bien le regard que nous portons sur eux ?


Nous ne percevons jamais une situation de manière totalement neutre


Face à un même événement, deux personnes peuvent éprouver des émotions très différentes.

L'une peut voir dans l'inconnu une menace, tandis qu'une autre y perçoit une possibilité. L'une peut interpréter une erreur comme la preuve de son incapacité, tandis qu'une autre la considère comme une étape normale de son apprentissage.

La situation extérieure peut être semblable. Pourtant, l'expérience intérieure ne l'est pas.

Entre ce qui arrive et ce que nous ressentons se glisse presque toujours une interprétation. Elle se construit à partir de notre histoire, de nos expériences passées, de notre éducation, de nos peurs, mais aussi de ce que nous avons appris à croire sur nous-mêmes, sur les autres et sur le monde.

Ces croyances influencent silencieusement notre manière de donner du sens à ce que nous vivons.


Quand une croyance prend l'apparence d'une vérité


Une croyance n'est pas nécessairement une conviction que nous avons consciemment choisie.

Elle peut prendre la forme d'une phrase devenue si familière que nous ne pensons même plus à l'interroger :

Je ne suis pas capable. Je dois tout réussir pour avoir de la valeur. Je ne peux compter que sur moi-même. Changer est trop risqué. Les autres sont plus légitimes que moi. Je dois rester fort en toutes circonstances.

À force d'être répétées intérieurement, certaines de ces affirmations finissent par nous apparaître comme des réalités objectives.


Nous ne pensons plus :

« Je crois que je n'en suis pas capable. »

Nous pensons simplement :

« Je n'en suis pas capable. »

La nuance paraît minime, mais elle change profondément notre rapport à la situation. Dans le premier cas, une croyance peut être observée et questionnée. Dans le second, elle devient une limite que nous ne songeons même plus à dépasser.


Des croyances qui ont parfois eu leur utilité


Toutes nos croyances ne sont pas nécessairement négatives. Certaines nous soutiennent, nous donnent confiance et nous aident à avancer.

Même celles qui nous limitent aujourd'hui ne sont pas toujours apparues par hasard.

Elles ont parfois constitué une manière de nous protéger, de nous adapter ou de traverser une période difficile.

Se montrer constamment vigilant a peut-être permis, à un moment de notre histoire, de nous sentir en sécurité. Chercher à tout contrôler nous a peut-être évité de nous sentir dépassés. Ne pas exprimer nos besoins a peut-être permis de préserver un lien auquel nous tenions.

Ce qui a autrefois représenté une protection peut néanmoins devenir, avec le temps, un enfermement.

Une croyance peut continuer à orienter nos choix longtemps après que les circonstances qui l'ont fait naître ont disparu.

La reconnaître ne consiste donc pas à la combattre ou à la juger. Il s'agit d'abord de comprendre la place qu'elle a occupée, puis de se demander si elle nous est encore utile aujourd'hui.


Porter un autre regard ne signifie pas nier la réalité


Regarder une situation différemment ne revient pas à prétendre que tout va bien.

Certaines expériences sont réellement douloureuses. Certaines pertes ne deviennent pas des opportunités. Certains obstacles demandent du temps, du soutien ou des décisions concrètes.

Changer de regard ne consiste pas à remplacer une pensée difficile par une pensée artificiellement positive.

Il s'agit plutôt de créer un peu d'espace entre la situation et l'interprétation immédiate que nous en faisons.

Dans cet espace, de nouvelles questions peuvent apparaître :

Est-ce la seule manière possible de comprendre ce qui m'arrive ? Ce que je pense aujourd'hui est-il un fait ou une interprétation ? Cette croyance m'aide-t-elle encore à avancer ? Que verrais-je si je regardais cette situation depuis un autre point de vue ?

Nous ne pouvons pas toujours changer les événements.

Mais nous pouvons parfois assouplir la manière dont ils prennent place en nous.


Retrouver l'accès à d'autres possibilités


Lorsqu'une croyance se présente comme une vérité absolue, elle réduit souvent le champ des possibles.

Si je crois que je vais nécessairement échouer, je risque de ne pas essayer. Si je pense que demander de l'aide est un signe de faiblesse, je resterai seul face à mes difficultés. Si je suis convaincu que je dois tout maîtriser, le moindre imprévu pourra devenir une source d'inquiétude.

À l'inverse, remettre une croyance en mouvement ne signifie pas savoir immédiatement quoi penser à sa place.

Le changement commence parfois par une simple ouverture :

Et s'il existait une autre manière de voir les choses ?

Cette question ne donne pas une réponse toute faite.

Elle permet seulement à d'autres perceptions, d'autres ressources et d'autres choix de redevenir accessibles.


La sophrologie comme espace d'observation


La sophrologie peut offrir un temps pour ralentir et observer avec davantage de recul ce qui se joue en soi.

En portant attention aux sensations corporelles, à la respiration, aux émotions et aux pensées qui apparaissent, il devient parfois plus facile de distinguer ce que nous vivons de ce que nous nous racontons à propos de ce vécu.

La sophrologie ne cherche pas à remplacer une croyance par une autre. Elle invite avant tout à développer une présence plus consciente à ce qui se vit, afin de retrouver davantage de liberté dans sa manière d'agir et de choisir.

Il ne s’agit pas de faire disparaître une croyance par la seule volonté, mais de retrouver un espace intérieur suffisamment calme pour reconnaître certains automatismes et laisser émerger de nouvelles possibilités.

Le corps peut alors devenir un point d'appui. La respiration, une manière de revenir au présent. Et la conscience de nos propres ressources, une ouverture vers une façon différente d'aborder la situation.


Une question à emporter avec soi


Nous regardons parfois nos croyances comme des fenêtres ouvertes sur la réalité.

Mais certaines sont peut-être davantage comparables à des filtres : elles laissent passer une partie de ce qui existe et en rendent une autre moins visible.

Nous ne choisissons pas toujours les filtres à travers lesquels nous avons appris à regarder le monde.

Nous pouvons cependant commencer à les reconnaître.

Et si, aujourd'hui, nous prenions quelques instants pour nous demander :

Ce qui me freine appartient-il réellement à la situation que je vis, ou à ce que j'ai appris à croire à son sujet ?

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